Identité numérique et publicité comportementale October 23, 2006
Posted by julien in : Le web , trackbackCe billet concerne une fois encore … Google.
D’une part l’identité numérique, qui fait l’objet d’une excellente définition sur le blog de Fred Cavazza.
Elle est composée, en dehors de données évidentes que sont les coordonnées et la signature, de la multitude de traces que nous laissons sur le web et qui, si elles étaient regroupées et corrélées pourraient nous définir en tant que personne : opinions, habitudes, connaissances, profession, réputation, etc.
Et le tout, sans notre assentiment explicite ni même notre volonté.
Exemple (ce n’est pas de moi dont je parle
) :
- J’ouvre un compte Writely pour rédiger des documents en ligne : je donne mes coordonnées (au moins l’adresse email). J’en profite pour rédiger mon CV avec cet outil.
- J’écris sur Blogger un article pro-Ségolène Royal (au hasard !). Je ne consulte jamais le blog de Loic Lemeur.
- Je me rends régulièrement sur des réseaux sociaux traitant des parents célibataires, de la mode, des sorties à Marseille. J’achète régulièrement du café sur le site de Nespresso. J’ai récemment cherché sur Google des adresses de sites de rencontre.
- Je mets en ligne des vidéos de voiture de sport sur YouTube, et des photos du Grand Canyon sur Picasa
Grâce à ces informations, on peut aisément établit mon identité numérique : femme résidant dans le sud, plutôt de gauche, assez aisée, aimant voyager, séparée avec enfant mais ne voulant pas le rester.
Qui “on” ? Google bien évidemment. Grâce aux cookies placés sur votre ordinateur lorsque vous visitez un site qui utilise Google Analytics, grâce à ses autres outils comme Blogger ou Writely.
En recoupant vos habitudes de navigation et le contenu des avis et opinions que vous exprimez sur la toile, Google peut définir votre identité numérique.
Je prends bien évidemment Google comme exemple car c’est l’acteur qui possède le plus d’outils pour établir ce profil, mais d’autres sociétés sont également capables d’établir votre profil, même il serait certainement moins exhaustif.
Le fait qu’une société possède de telles informations a une valeur énorme, avec pour but de vous présenter les annonces qui sont les plus susceptibles de vous intéresser, une sorte de “publicité comportementale”.
Dans cet article de Greg Linden, Kim Malone, directeur de Google Adsense, nie formellement que Google utilise, ou utilisera dans le futur, le profiling des internautes afin de mieux cibler les publicités.
Comme l’auteur de l’article, j’en doute fort. Le profiling, utilisé conjointement avec le ciblage par mot clef, permet à l’annonceur de cibler encore plus efficacement les destinataires de ses publicités. Je vois difficilement pourquoi Google se priverait d’offrir à son produit Adsense un argumentaire de poids comme le profiling.
Ce sera alors un pas de plus vers le Big Brother de George Orwell, version numérique.
Comments»
no comments yet - be the first?