Une longue nuit May 15, 2008
Posted by julien in : Vrac , trackbackNous y voilà. Aprés de longues journées d’attente, Morgane s’est apparemment décidée à montrer le bout de son nez, quelques heures après le terme de la grossesse. A partir de minuit tout s’est enchainé : contractions devenues douloureuses, perte des eaux, passage express chez la nounou pour déposer Lou-Ann et arrivée à la maternité.
Nous sommes en salle de travail. Selon la sage femme, l’accouchement n’est pas prévu avant midi. Nous sommes relativement apaisés, à des lieues de l’état de stress dans lequel nous nous trouvions pour la naissance de Lou-Ann. C’est sans doute ce que l’on appelle la courbe d’expérience. Nous plaisantons avec la sage-femme. Mais cette apparente décontraction ne peut pas masquer un stress de fond. Un accouchement aprés tout,n’est jamais anodin.
3 heures du matin. La sage-femme est partie, aprés avoir débranché le monitoring. Le col est dilaté à 2 et s’assouplit. Sandra s’est assoupie. Les médicaments ont calmé les douleurs, voire arrêté temporairement les contractions. Il faut qu’elle se repose, Dame nature va faire le reste.
Quant à moi, je n’ai jamais pu dormir assis, alors je ne crois pas que je commencerai cette nuit. L’occasion d’écrire ces quelques lignes. Non que l’idée me soit venue d’une sorte de blog-réalité malsaine sur l’accouchement de ma femme. Il s’agit juste de garder une trace de ces quelques heures tellement uniques, et de le faire partager à nos proches. Je pense même que je me suis égaré ces derniers temps sur ce que devrait être ce blog. Un lieu où l’on écrit pour les autres, connus ou inconnus, mais également un lieu où l’on écrit pour soi-même.
Comme pour la naissance de Lou-Ann, Sandra fait preuve d’un grand courage face aux douleurs des contractions. Ni gémissement ni complainte. La place du père dans ces moments là est quand à elle toujours aussi incongrue, entre gestes d’apaisement à l’efficacité très discutable (prendre la main, embrasser affectueusement) et rôle du Saint Bernard montant la garde sur son fauteuil, à la lumière blafarde des néons de la rue.
3h30. Sandra dort paisiblement. C’est presque inespéré.
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