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Un mouton dans la baignoire August 7, 2007

Posted by julien in : J'ai vu / J'ai lu , add a comment

Les vacances ont été propices à la lecture, activité que je n’ai pas la volonté le temps de pratiquer en période de travail.

Premier livre “avalé” en quelques jours, Un mouton dans la baignoire d’Azouz Begag.

Tout commence lors d’une rencontre impromptue avec Dominique de Villepin lors d’un repas.
Rencontre qui propulsera quelques mois plus tard l’écrivain-sociologue au gouvernement, en tant que ministre à la promotion de l’égalité des chances (et non de l’intégration, comme il a été alors perçu).

Novice sur la scène politique (ce qu’il qualifiera bien vite de “‘cage aux lions”), il se retrouvera ainsi assis au conseil des ministres à côté de celui qui va bien vite devenir son pire cauchemar, à savoir le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy.

Ecrit comme un journal de bord, voire par moment un journal intime, le livre retrace le dur apprentissage de la vie politique, les chausse-trappes tendus, les camouflets infligés, et les doutes.

Mais aussi le soutien inconditionnel qu’Azouz Begag apporte à Dominique de Villepin, même en plein coeur de la crise du CPE.

Le style d’écriture est léger, agréable à lire. On apprend avec le ministre néophyte à connaître un peu mieux la jungle du monde politique.
Deux regrets toutefois : le ton geignard parfois agaçant que peut prendre l’auteur, mais aussi et surtout une fin en queue de poisson. Le récit s’arrête brutalement.

Sans doute était-il temps de le sortir dans la perspective des présidentielles 2007. Mais au moins l’auteur aurait-il pu prendre la peine d’esquisser un épilogue.

A noter qu’Azouz Begag a été l’un des seuls (le seul ?) ministre alors en poste à soutenir la candidature de François Bayrou aux présidentielles.
Dans un élan logique, il a rejoint le Modem sous la bagnière duquel il a perdu les élections législatives dans son fief lyonnais.

Corée du Nord et repas de famille October 16, 2006

Posted by julien in : Vrac , add a comment

Le week-end dernier, j’ai eu une discussion assez sympathique avec une personne du « 3 ème âge », au sujet de l’essai nucléaire annoncé le 8 Octobre par la Corée du Nord.
Pour planter le décor, cette personne a fait partie des jeunesses communistes, et les discussions avec elle fleurent bon la nostalgie et l’utopisme soviétiques des années 50.
Le conversation fut assez troublante, car à une remarque désarmante de simplicité et surtout de provocation, je n’eus aucune objection convaincante. Peut-être cela était-il dû au (délicieux) vin rouge du repas. Mais même sobre, je ne vois pas rétrospectivement ce que j’aurais pu dire de plus.
Cette affirmation était la suivante : pourquoi empêcherait-on un pays comme la Corée du Nord de posséder l’arme atomique ?
J’ai bien tenté un « La Corée est une dictature sur laquelle le monde n’a aucun contrôle ». La réponse fut cinglante : pourquoi tolère-t-on dans ce cas que des pays comme le Pakistan, qui n’est pas vraiment un modèle de démocratie, fasse partie des pays maîtrisant cette technologie ?
Quelle est bien évidemment la différence fondamentale entre le Pakistan et la Corée du Nord ? Le premier est un allié objectif des Etats-Unis, l’autre un adversaire déclaré.

S’en est donc suivi tout un discours teinté (que dis-je … saturé) d’anti-américanisme dont je vous passerai les détails, car à mon sens il est le fruit d’une pensée qui mêle rancœurs de la guerre froide et déceptions sur l’époque dans laquelle nous vivons. Un vote pour Chirac en 2002, considéré comme un viol idéologique, et le non au référendum européen ont fait leur oeuvre, et conduisent bon nombre de nostalgiques du communisme à considérer que nous vivons décidément dans un monde qui s’éloigne de plus en plus de leurs idéaux.
Je n’ai donc pas répondu sur les attaques concernant George W. Bush. Non pas que j’ai de l’estime pour l’homme, dont le discours mêlant cynisme économique et doctrine religieuse exacerbée peut s’avérer à long terme plus dangereux que toutes les armes de destruction massive. Toutefois, de là à le comparer à un dictateur tel que le président Kim, il y a un pas à franchir, entre un pays sous le jougs du despotisme et un pays qui, grâce à la démocratie, peut avec des bulletins de vote influer sur son destin.

20061014issuecovus160.jpgD’après les dernières informations parues dans la presse, la faiblesse de l’essai nucléaire laisse à penser que celui-ci est raté.
Toutefois, il s’agit là d’un véritable échec pour Georges Bush, dont un des leitmotivs de la politique étrangère était d’empêcher les pays du fameux « Axe du mal » de se doter d’armes de destructions massives. C’était en 2002. Dans l’axe du mal figuraient l’Irak (dont on sait aujourd’hui la menace nucléaire réelle qu’il représentait), la Corée … et l’Iran.
De plus, dixit The Economist, les projets visant à faire tomber le régime de Kim de l’intérieur, en déclenchant un soulèvement populaire deviennent plus incertains encore. Car à la suite d’une guerre civile ne s’instaure que très rarement une véritable démocratie. Quelles seront alors les intentions du nouveau pouvoir vis à vis de l’arme atomique dont ils auront hérité.
Comme dit l’adage, on sait ce que l’on perd, mais l’on ne sait pas ce que l’on gagne !