Le financement des radars automatiques October 13, 2006
Posted by julien in : Vrac , add a commentCela faisait quelques temps déjà que je pensais à écrire sur le sujet. L’ouverture de mon blog est sans doute l’occasion idéale pour cela.
Evacuons tout de suite les malentendus : oui, je me suis fait prendre par un radar automatique mobile, oui j’ai eu ces « incidents » (surtout leur coûts) en travers de la gorge pendant un certain temps, et pourtant non, je ne suis pas contre le principe des contrôles automatisés de vitesse.
Ce dernier point tout d’abord. Depuis leur apparition en 2003, la sécurité sur les routes s’est nettement améliorée. Effectuant la traversée Nord-Sud deux fois par an, l’impression est que les gens se sont indéniablement calmés, grâce à la répression accrue.
Il y a bien encore quelques étrangers (belges et néerlandais notamment) qui nous dépassent à 180 km/h sous couvert d’un sentiment d’impunité tout provisoire.
« La peur du gendarme » fonctionne à plein, et c’est tant mieux pour nous et nos enfants.
Mais, comme l’on dit parfois, « le mieux est l’ennemi du bien ».
En un an, je me suis fait flasher deux fois par une voiture banalisée. Les deux fois, la vitesse retenue est de 51 km/h. Je devais donc rouler quelque part entre 51 et 56 … au lieu de 50.
Les deux fois, les contrôles, censés être positionnés aux endroits « accidentogènes » (dixit le langage alambiqué de nos chers technocrates), ont eu lieu sur deux routes où, en cinq ans de trajet quotidiens, je n’ai jamais vu le moindre début de tôle froissée.
Au final, 2 points en moins sur le permis et 2 fois 90 euros d’amendes, soit peu ou prou le cinquième d’un SMIC.
De tout cela résulte une impression étrange, l’impression que je participe allègrement aux financements des radars automatiques, et donc à l’amélioration (indéniable) de la sécurité sur nos routes.
Sur le principe, pourquoi pas. Aprés tout ce sont des équipements publics, qui doivent être financés, d’une manière ou d’une autre, par de l’argent public.
Ce qui est ennuyeux, c’est le principe. Au lieu d’essayer de trouver des financements là où l’Etat a les poches percées, ou même d’avoir l’honneteté d’appeler à la création d’un nouvel impôt (la vignette, le retour ?), le ministère des Transports préfère envoyer des appels à cottisations, sous forme de procés-verbaux, à des personnes prises au hasard sur nos routes.
Car c’est bien là que le bas blesse : prendre des personnes à 51 km/h sur une route déserte à 8 heures du matin, c’est une solution de facilité. Un peu comme un chasseur qui tire au milieu d’un vols de moineaux : il y en aura bien quelques uns pour tomber dans sa gibecière.
Cela induit qui plus est, à mon sens, des comportements dangereux. Bientôt, je regarderai plus souvent mon compteur de vitesse que la route devant moi. Parce que 90 euros d’impôts direct, on essaye, consciemment ou non, de les éviter. Et tant pis si une gamine déboule par surprise sur son vélo…
Bientôt, j’en serai réduit à enclencher mon régulateur de vitesse, même en agglomération. Ceux qui en possèdent un comprennent déjà à quel point cette opération peut être dangereuse.
Alors, quelles solutions ? Supprimer les contraventions pour les petits excés de vitesses ne semble pas être une solution valable. A quel endroit mettrait-on le curseur ? À 54 km/h ? et pourquoi pas à 55 ? Cela voudrait dire que l’on remonte, de facto, la vitesse limite autorisée.
Pour moi, trois pistes peuvent être explorées :
- graduer l’échelles des sanctions, en partant de montants symboliques pour les radars mobiles,
- délaisser les positions « rentables » au profit des positions réellement accidentogènes,
- pour le manque à gagner créé, établir un impôt, le temps du financement des radars automatiques.Pour ceux qui les financent actuellement par leurs amendes, cela leur oterait cette désagréable impression d’être les victimes d’un système aléatoire, et donc par essence injuste.
Voilà, cela fait un moment que je voulais coucher cela sur un papier.
Sans aucune illusion sur l’effet d’un tel discours.
Mais le seul fait de l’écrire m’a fait du bien, cela a contribué à évacuer certaines rancoeurs